
Un vieux blues passait à la radio, « Good Morning Blues » de Lead Belly je crois. La pièce, tapissée de velours et de boiseries, était traversée par une légère fumée de cigare qui piquait le nez et brouillait la vue du jeune assistant qu’avait engagé le président. Un verre de whisky presque vide à la main, il regardait à travers la fenêtre la fin du jour et le début de la nuit. Il agita négligeament son verre sans prendre la peine de regarder son assistant et lui dit :
-« Un autre… »
-« Monsieur, c’est le quatrième ce soir, vous devriez vous reposer… »
Sans détourner le regard, il lança, avec un sourire narquois :
-« J’ai accordé 5 ans d’éxonération à une firme pour qu’elle reporte à 5 mois l’annonce de sa délocalisation aujourd’hui. »
-« Pour les élections monsieur ? »
-« Oui paul, pour les élections. »
Le chef de l’Etat toussa violemment, tant qu’il dût s’asseoir sur la chaise placée à proximitée. Paul, affolé, lui tendit le verre avant de se rappeller que le breuvage alcoolisé qu’il contenait n’arrangerait pas la bète. La quinte de toux passa, et quand il revint avec un verre d’eau fraiche, il vit dans le visage du président toute la mysanthropie d’un politique désoeuvré.
Les gardes du corps assistèrent ce soir là à une scène aujourd’hui légendaire dans le palais présidentiel : un président à bout de souffle retournant un verre d’eau sur la tête de son assistant, tout cela dans un calme malsainement serein, avant de lui demander si ce dernier préfèrait lui servir un nouveau verre de whisky plutôt que se retrouver à la porte.
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C’est un sujet qui tend à devenir capital dans les prochaines années : les cycles politico-économiques. Une théorie de william Nordhaus, qui explique que les gouvernants ont aujourd’hui tendance à augmenter les dépenses publiques dans le but d’une réelection. En pratique, on observe aussi une baisse ou tout du moins une stagnation de l’imposition sur le revenu et le capital, sujet sensible durant les élections car touchant la totalité des électeurs potentiels. Nous pourrions parler du cynisme politique, notamment face à la démocratie, qu’entraine une telle vision de la politique ; mais ce n’est point le sujet ici. En effet, nous allons aujourd’hui étudier les différentes causes et conséquences de ces pratiques, qui deviennent de plus en plus limitées par les budgets restreints des pouvoirs publics.

Bien que ces cycles soient moins marqués au niveau du parlement Européen, la gouvernance européenne est aussi concernée par ce phénomène, notamment par son organisation interne.
Tout d’abord, il faut différencier deux causes de ces cycles politico-économiques : le premier, mis en avant par Nordhaus, est dit « opportuniste », c’est-à-dire que la hausse des dépenses publiques avant les élections est effectuée sans considération idéologique ou partisane. Quelque-soit la tendance du gouvernement en place, les impots baisseront avant les élections et augmenteront après que celles-ci soient passées. Mais on peut aussi distinguer un autre cycle politico-économique, le cycle partisant, qui est provoqué par les différences de programmes entre les différents candidats, représentant différents partis, parfois les différentes idéologies. Ces cycles, plus longs, ne se modifient s’il y a retournement politique dans le gouvernement (éléction d’un parlement majoritairement de l’opposition par exemple). Ces deux cycles sont différents mais ont la même conséquence : une politique de « stop and go » néfaste à l’économie.
En effet, ces cycles amènent une certaine instabilité dans les politiques économiques des gouvernements : le fer de lance de la politique économique de sarkozy, qui comptait beaucoup sur la consommation française pour relancer l’activité, est devenue secondaire avec notre nouveau président, qui compte aujourd’hui revenir à une orthodoxie budgétaire en maintenant sa volonté de revenir à 3% de déficit d’ici 2013, au prix d’une croissance fortement ralentie (0% de croissance prévue dans le meilleur des cas). Or une bonne politique économique est une politique menée sur le long terme, encore plus dans le cas de nos sociétés occidentales gangrénées par un système devenu aujourd’hui bancale face à la globalisation. Dans ce cadre, les augmentations de dépenses deviennent de plus en plus difficilement envisageable, même dans une optique purement opportuniste.

les cycles politico-économiques vus par Stella Lory, illustratrice de la chronique éco du mercredi.
En conclusion il apparait donc que les modèles de cycles politico-économiques opportunistes tendent à s’effacer face aux cycles partisants ; qui continuent à impacter fortement la politique économique, en changeant les doctrines à chaque renversement politique, au risque de rendre inefficientes les politiques économiques et les réformes impulsées par les prédécésseurs (l’exemple de l’arrêt des travaux du grand paris est ici formel). Il serait sans doute préfèrable pour la santé économique de nos sociétés développées de séparer la gouvernance économique des influences politiques propres à chaque parti, afin que ces considérations d’ordres démagogiques ou partisanes ne viennent plus gangrener la politique économique censée travailler dans l’intérêt de la nation et de chaque citoyen.
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-« monsieur, la prochaine élection ne va pas arranger votre santé. »
Le politique regarda paul, un peu amusé par le ton de la remarque, peu traditionnel. Il répondit :
-« vous savez paul, j’aime la vie, sincèrement. »
Attendit quelques secondes, puis termina en regardant par la fenêtre la nuit profonde :
-« Mais qu’est ce que j’aime la politique. »
Votre chroniqueur qui adore placer des références de blues dans ses chroniques économiques,
Stud.
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